LA COVID 19

 

La Covid 19 est la troisième pandémie mondiale à sévir depuis le début des années 2000. Cela était annoncé depuis longtemps par les scientifiques, et l'on sait que l'on sera de plus en plus confronté à de nouvelles pandémies, avec de plus le risque d'avoir des taux de mortalité beaucoup élevés comme c'est le cas pour Ebola. 

En médecine, pour toute maladie, on apprend le diagnostic, le traitement, les causes et la prévention. 

Concernant la prévention, une approche superficielle et simpliste consiste en l'administration d'un vaccin. En fait, il faudra de multiples vaccins, puisqu'il y aura émergence de multiples virus, avec leurs variantes, leurs mutations, et forcément de nombreux futurs morts, le temps de la fabrication de ces différents et nouveaux vaccins. Elle a de très grands avantages pour l'industrie pharmaceutique, mais aucun pour les populations car on les oblige à vivre régulièrement avec un problème récurrent. Dans cette approche, il faut également discréditer tout traitement (voir la fameuse étude truquée du Lancet contre le protocole du Pr Raoult) susceptible de traiter le virus, et donc de rendre le vaccin inutile. Dans cette approche, on élude les causes profondes de la maladie pour rester au niveau du traitement des symptômes.

Mais si l'on veut sérieusement aborder le volet prévention (la prévention primaire s'applique en amont de la maladie, tout comme les changements dans l'organisation du travail en entreprise sont susceptibles de faire disparaitre les risques auxquels les travailleurs étaient auparavant exposés),  il faut tout d'abord bien cerner les causes de l'apparition des maladies émergentes. Elles sont bien connues : le réchauffement climatique, la fonte du permafrost, la dégradation de l'environnement, la destruction des écosystèmes,  la déforestation, le contact entre l'espèce humaine et des espèces animales sauvages, le productivisme, l'élevage industriel intensif, le consumérisme, le tout favorisé par le néolibéralisme, la globalisation économique et financière (responsables également des crises financières itératives), la mondialisation des échanges, les flux migratoires liés à la pauvreté. Outre les maladies émergentes (paludisme, borréliose de Lyme, dengue, chikungunya, Zika, coronavirus, ebola...), et outre les crises financières liées au néolibéralisme, nous serons de plus en plus confrontés, et pour les mêmes raisons, à des sécheresses sévères, une forte hausse du risque d'incendie, de canicule, à l'assèchement des nappes phréatiques, à la raréfaction des ressources en eau, des épisodes d'inondation ou de submersion, avec des conséquences humaines et économiques considérables. Un rapport de l'IPBES du 29 octobre 2020 souligne ainsi la nécessité d'investir dès maintenant et de mettre en place des changements profonds pour prévenir les pandémies plus que d'avoir à les gérer.

On peut reprendre chronologiquement le démantellement des Etats par le néolibéralisme : 

1984 : refus par les chefs d'Etats et de gouvernements du traité Spinelli, un traité basé sur la coopération, et qui prévoyait une intervention de l'Union dans les politiques de santé (en particulier la coordination de l’assistance réciproque en cas d'épidémies). C'est un premier tour de force : rejeter un traité voté par un Parlement européen élu au suffrage universel depuis 1979.

1986-1992 : engagement de l'Union Européenne dans le néolibéralisme et le démantellement des services publics (la santé n'est pas une compétence de l'Union Européenne). C'est un second tour de force : inscrire dans un traité (Maastricht) et dans le marbre les politiques que l'Union européenne doit mener.

2008 : crise financière favorisée par l'endettement, la privatisation du secteur bancaire, l'absence de régulation des marchés financiers. Cette crise financière n'a pas été traitée par manque de coordination et de solidarité entre Etats membres, le secteur financier n'a pas été assaini depuis 2008. C'est un troisième tour de force : faire payer par l'Etat les factures laissées par les banques, et ce sans contrepartie.

après 2009 : poursuite de la voie néolibérale avec le traité de Lisbonne et les traités de libre échange. La France a poursuivi une politique de désindustrialisation, de délocalisation, perdant ainsi sa souveraineté sur des secteurs stratégiques, en particulier dans le domaine du médicament. Les services publics ont été laminés, l'hôpital a été progressivement et systématiquement démantelé tandis que le numerus clausus a été géré de telle façon que la densité médicale sera toujours déficitaire jusqu'à au moins 2030. Le contournement d'une décision populaire prise par referendum (le refus du TCE en 2005) pour imposer une continuité dans la lignée du traité de Maastricht : c'est un quatrième tour de force.

En conséquence des modalités de la construction européenne, l'endettement public se creuse, et les Etats sont tombés sous la coupe des marchés financiers. Les Etats ont perdu leur souveraineté monétaire, ils peuvent de plus être poursuivis par les multinationales au travers des tribunaux privés mis en place par les traités de libre échange : c'est un cinquième tour de force. L'information étant par ailleurs contrôlée par des medias sous contrôle d'intérêts privés, le néolibéralisme est roi, la démesure (l'Ubris) est totale. 

Formidables tours de force, ou tours de magie, autant de secrets qui fondent notre modèle consumériste (Guy Debord) et pseudo démocratique sur la base de la pensée unique, qui elle même a donné naissance à la pensée médicale unique. 

Une véritable prévention des futures maladies émergentes passe par un retour de la puissance publique, par la promotion d'une santé globale, la coopération à l'échelle européenne et internationale (donc une réforme de l'ONU), une transformation radicale du modèle économique occidental (les pandémies étant des conséquences du néo libéralisme et de la mondialisation sous sa forme de la globalisation financière), la suppression de l'actuelle gouvernance européenne pour revenir à des fondements démocratiques

Cinq propositions pour la Covid (video du 29 octobre 2020)

La première proposition concerne le conseil scientifique. Un conseil scientifique doit être composé de représentants à part égale des différentes approches de la maladie. En l'occurrence de représentants de chacune des deux écoles de pensée, c'est à dire de deux façons différentes de soigner. En effet depuis le début, le débat s'est polarisé entre deux traitements, d'un coté l'azythromycine seule ou utilisée en combinaison avec
l'hydroxychloroquine, de l'autre coté le remdesivir. Un certain nombre de spécialistes qui conseillent actuellement le gouvernement sont liés à
l'industrie pharmaceutique et présente donc des liens d'intérêts d'ordre financiers. S'ils représentent l'immense majorité du conseil scientifique, on se trouve alors dans une situation de conflit d'interet de type école de pensée. C'est contraire à la méthodologie de l'expertise sanitaire. Selon le guide des déclarations d’intérêts et de gestion des conflits d’intérêts de la Haute Autorité de Santé, l'expertise doit s'appuyer sur la confrontation de différentes opinions, thèses ou écoles de pensées.

Des représentants de la médecine de ville avec des médecins ayant une expérience de la prise en charge de cette maladie, et des représentants de malades doivent être intégrés au conseil scientifique.

Une personnalité neutre dénuée de liens d'intérêt doit diriger les débats.

Concernant les deux traitements qui focalisent l'attention, L'OMS a récemment déclaré le remdesivir non seulement inefficace mais de plus dangereux pour les reins. De l'autre coté, il y a des études anciennes sur la possibilité d'une action antivirale et antiinflammatoire de certains
antibiotiques comme l'azythromycine. Une potentielle action bénéfique de l'azythromycine combinée à l'hydroxychloroquine est probable pour le traitement de la Covid.

Mais bon, restons dans un contexte d'incertitude scientifique concernant le traitement puisque nous ne disposerons pas avant longtemps d'études randomisées en double aveugle réalisée de façon éthique, rigoureuse et libre de tout risque de conflit d'interet. Donc dans un tel contexte d'incertitude scientifique, ce qu'on appelle la décision médicale partagée doit s'appliquer. C'est une recommandation de la Haute Autorité de Santé qui date de 2013. Elle stipule que la décision doit se prendre en collaboration entre les médecins, y compris les médecins ayant une expérience de la prise en charge de cette maladie en médecine de ville. Enfin l'avis du patient doit être pris en compte. Or depuis le début de la crise, les décisions sont imposées d'en haut, on a interdit l'hydroxychloroquine, on a déconseillé la prescription d'azythromycine, les médecins
généralistes ont été mis à l'écart avec une atteinte à leur liberté de prescription. Toutes ces mesures ont fait obstacle à l'application de la décision médicale partagée. La prééminence absolue accordée aux essais randomisés peut enfin devenir un credo dogmatique qui va à l'encontre de l'intérêt des malades.  

Cette première proposition vise donc à avoir un pilotage représentatif et équilibré, et à permettreune prise en charge par la médecine de ville et par l'hopital. 

La seconde proposition concerne les possibilités de prévention des formes graves. L’Académie nationale de Médecine a publié un communiqué le 22 mai 2020 pour recommander une supplémentation en Vitamine D adaptée en fonction d'un dosage sanguin de la Vitamine D. D'autres études ont montré l'intérêt d'une supplémentation en Zinc, avec une réduction potentielle des formes graves. C'est une mesure simple, peu couteuse, dont la portée est peut être limitée, on ne le sait pas, mais il serait dommage de s'en priver, et cette mesure devrait concerner en particulier les personnes à risque.

La troisième proposition concerne les PCR. La PCR se fait couramment pour des maladies virales et a l'intérêt de quantifier la charge virale, c'est à dire que l'on peut savoir s'il y a une présence importante ou faible du virus, ou une absence de présence du virus. C'est donc un examen important pour adapter le traitement. Pour la Covid, le prélèvement s'effectue à l'aide d'un écouvillon introduit dans le nez. 

Lorsqu'on va sur le site Geodes de Santé publique france, on ne retrouve pas le taux de PCR positifs forts et le taux de PCR positifs faibles. Cette distinction est pourtant recommandée par la société française de microbiologie dans son avis du 25 septembre 2020 :

"Par saisine de la DGS en date du 11 septembre 2020, le Directeur Général (Pr Jérôme SALOMON) et la conseillère médicale Dr Bernadette WORMS de la DGS ont demandé à la Société francaise de microbiologie en lien avec le Centre National de Référence des Virus respiratoires d’émettre un avis concernant l’interprétation de la valeur de Ct (estimation de la charge virale) obtenue en cas de RT-PCR SARS-CoV-2 positive sur les prélèvements cliniques respiratoires réalisés à des fins diagnostiques ou de dépistage. 

La détection d’ARN viral par RT-PCR ne signifie pas forcément qu’il y a des particules virales infectieuses dans les échantillons biologiques.

A ce jour, aucune recommandation n'a été émise quant à l'interprétation des valeurs de Ct et des résultats faiblement positifs. Cependant, la distinction entre les situations à fort ou faible risque infectieux est importante pour prioriser les efforts et les précautions à mettre en place. Il apparaît pertinent de s’interroger sur la possibilité de mettre à disposition des biologistes médicaux des recommandations leur permettant d'orienter leur interprétation".

Et en conclusion, la société francaise de microbiologie recommande que les résultats biologiques soient rendus de la façon suivante : positif, ou bien positif faible, ou bien négatif. C'est fondamental car un résultat PCR positif faible peut être un faux positif. Et s'il s'agit réellement d'un positif faible avec présence de quelques particules virales, il y a très de peurisque de contagiosité et de développer une forme grave.

Cependant, fin octobre 2020, donc un mois plus tard, la distinction entre positifs forts et positifs faibles n’est toujours pas faite dans les indicateurs COVID de Geodes Sante publique France. 

Donc la troisième proposition est une coordination entre les laboratoires de biologie médicale et Santé publique france pour disposer très rapidement d'un indicateur qui différencie une PCR positive forte d'une PCR positive faible. Il est fondamental de pouvoir quantifier la charge virale pour commenter de façon fiable un test PCR, et traiter les patients.

La quatrième proposition concerne le traitement des patients qui présentent des symptômes de la maladie en fonction de la charge virale. Pour les patients qui ont une PCR positive faible, et peu de symptômes, le traitement peut se limiter à un isolement, une surveillance avec du Zinc, de la Vitamine C et D, et autres pharmacopées naturelles.

Les patients qui ont des symptômes avec une PCR positive forte doivent être traités malgré l'absence de certitude absolue de l'efficacité des traitements. Actuellement, il ne reste que les protocoles tels que azythromycine seule, ou combinée à l'hydroxychloroquine, ou encore d'autres types d'antibiotiques. Correctement administrés, ces traitements anciens et bien connus sont sans danger. Traiter dès la médecine de ville, c'est potentiellement faire baisser la charge virale, et désengorger les hopitaux. Traiter dès la médecine de ville s'impose puisque nous ne disposerons pas avant longtemps d'études randomisées en double aveugle réalisée de façon éthique, rigoureuse et libre de tout risque de conflit d'interet.

Bien sur, il y a toujours des personnes qui vont parler des risques d'antibioresistance. Il y a un choix à faire entre deux risques : 

• on peut traiter, avec précaution en évitant les antibiotiques à plus fort risque de sélection au niveau de l'antibioresistance, tout en sachant que si l'on veut vraiment lutter contre l'antibiorésistance et être cohérent, c'est tout notre modèle économique et agricole qu'il faut transformer. L'élevage intensif d'animaux nourris aux antibiotiques est une causemajeure du risque de développement de l'antibio resistance

• ne pas traiter, c'est provoquer une surcharge dans les hopitaux. C'est le choix qui a été fait avec le message d'alerte de la DGS en date du 9 juin 2020 pour indiquer qu'en ville, chez un patient ayant une infection respiratoire fortement évocatrice de Covid-19, ou confirmée au SARS-CoV-2, il n’y a pas d’indication à prescrire une antibiothérapie. S'interdire de traiter dès la médecine de ville, c'est garder comme seul outil le confinement, et c'est contraire à la récente recommandation de l'Organisation mondiale de la santé. En effet, l'Organisation mondiale de la santé recommande de ne plus recourir au confinement généralisé. Car un nouveau confinement entrainera des conséquences dramatiques en terme de mortalité fait de la non prise en charge des autres pathologies, et des répercussions majeures sur une économie déjà bien mal en point.

La cinquième proposition concerne enfin la politique de santé. L'hôpital est à bout de souffle depuis des années, et la densité médicale sera déficitaire jusqu'à au moins 2030. En conséquence, déjà mal en point du fait des restrictions budgétaires, l'hôpital est rapidement mis sous tension et au bord de la rupture à la moindre crise sanitaire, comme c'est le cas chaque année. Il faut bien sûr redonner des moyens à l'hôpital. Les mesures à mettre en place sont connues, mais on ne le fait pas. On ne le fait pas car le gouvernement serait alors en contradiction avec les dogmes économiques poursuivis depuis plus de 30 ans et qui ont conduit au démantellement des services publics d'une manière générale, et de l'hopital en particulier. On ne le fait pas car il faudrait alors avoir le courage de reconnaître les erreurs politiques entreprises et reconduites de gouvernements en gouvernements depuis plus de 30 ans. Et il faudrait avoir le courage de reconnaître que l'Europe devrait se construire selon d'autres modalités que celles initiées par les traités successifs depuis l'Acte Unique de 1986. 

Cela veut donc dire qu'après cette crise, un bilan des politiques menées depuis le milieu des années 80 est nécessaire. Un bilan de l'action de l'union européenne est nécessaire : son modèle économique, son inaction dans le domaine de la santé et de la prévention des risques sanitairespuisque la santé ne relève pas de la compétence de l'union européenne.

A propos de la prévention (video du 5 novembre 2020)

Dans l'une de ces 5 propositions, il était question de la prévention potentielle des formes graves avec la Vitamine D, en lien avec un communiqué de l'académie nationale de médecine. Il y a aussi le zinc, la vitamine C, et j'aurais pu rajouter l'alimentation, la gestion du stress, la qualité du sommeil, l'activité physique, autant d'éléments susceptibles de maintenir une bonne immunité.

Je voudrais maintenant détailler un autre aspect de la prévention, la prévention des pandémies virales au niveau collectif. La Covid 19 est la troisième pandémie mondiale à sévir depuis le début des années 2000. Cela était prévu par les scientifiques depuis longtemps, et l'on sait que l'on sera  de plus en plus  confronté à de nouvelles pandémies, avec de plus le risque d'avoir des taux de mortalité beaucoup élevés comme pour le virus Ebola. On peut distinguer deux types de prévention. La prévention secondaire et la prévention primaire.

La prévention secondaire, c'est un vaccin censé résoudre une crise sanitaire une fois que celle ci s'est manifestée. Mais il y a le problème du délai pour la fabrication d'un vaccin efficace et dénué d'effets secondaires. De plus, au-delà de la complexité pour l'élaboration d'un tel vaccin,  il faudra en fait de multiples vaccins, puisqu'il y aura émergence de multiples virus,  avec leurs mutations. Il y aura donc forcément de nombreux futurs morts, le temps de la fabrication de tous ces différents et nouveaux vaccins, et potentiellement multiplication du risque d'effets secondaires liés à ces multiples vaccins. C'est une solution qui  présente beucoup d'avantages pour l'industrie pharmaceutique, car les populations seront amener à vivre avec un problème récurrent, et donc des vaccinations récurrentes.                                     

La prévention primaire, c'est faire en sorte que la crise sanitaire ne se produise pas, ou bien limiter au maximum les risques d'apparition d'une pandémie. C'est ce que préconise un rapport publié le 29 octobre 2020 par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Selon ce rapport, nous devons mettre en place des changements profonds pour prévenir les pandémies plutot que d'avoir à les gérer. Si l'on veut sérieusement aborder le volet prévention, c'est au niveau de la prévention primaire qu'il faut agir. Il faut tout d'abord bien cerner les causes de l'apparition des maladies émergentes. Elles sont bien connues : réchauffement climatique,  fonte du permafrost,  dégradation de l'environnement, destruction des écosystèmes,   déforestation, contact entre l'espèce humaine et des espèces animales sauvages, productivisme, élevage industriel intensif, consumérisme. Le tout favorisé par le néolibéralisme, la globalisation économique et financière, la mondialisation des échanges, les flux migratoires liés à la pauvreté. Outre les maladies émergentes virales, parasitaires ou bactériennes, et outre les crises financières récurentes également liées au néolibéralisme, nous serons de plus en plus confrontés, et pour une grande partie pour les  mêmes raisons, à des sécheresses sévères, une forte hausse du risque d'incendie, de canicule, à l'assèchement des nappes phréatiques,  des épisodes d'inondation ou de submersion, avec des conséquences humaines et économiques considérables.

Donc la logique serait de remettre en question notre système économique occidental, maintenant que nous avons expérimenté les conséquences d'une pandémie mondiale. Mais il y a 3 obstacles. 

L'être humain n'aime pas le changement, c'est le premier obstacle. Changement de nos habitudes de vie et dans notre rapport au monde. Et souvent, il faut malheureusement arriver à des extrémités pour prendre conscience qu'on n'a plus le choix et qu'il faut changer, même si cela nous coûte. Mais le coût sera infiniment moindre sur le plan sanitaire, social et économique en regard de ce que pourrait déclencher de multiples crises à répétition.                            

Il y a un second obstacle au changement c'est l'endoctrinement politique et économique subi depuis plus de 30 ans qui a été repris par les  gouvernements successifs. Pour comprendre, on peut faire un petit retour en arrière sur la construction européenne. En 1984, le Parlement européen fraichement élu au suffrage universel depuis 1979, a adopté le traité Spinelli, un traité  basé sur la coopération, qui prévoyait entre autres une intervention de l'Union dans les politiques de santé, et en particulier une coordination de l’assistance réciproque en cas d'épidémies.
Ce traité a été refusé par les chefs d'Etats et de gouvernements. A la place, on a élaboré l'Acte Unique, un traité suivi par celui de Maastricht, et c'est le début de l'engagement de l'Union Européenne dans le néolibéralisme fondé cette fois ci sur, non plus la coopération, mais sur la concurrence. De ce fait, la France a poursuivi une politique de désindustrialisation, de délocalisation, de démantellement des services publics perdant ainsi sa souveraineté sur  des secteurs stratégiques, en particulier dans le domaine  du médicament. Une très grande partie des médicaments sont fabriqués en Chine ou en Inde. Les services publics ont été laminés, l'hopital a été progressivement et systématiquement démantelé. L'endettement public s'est creusé, et les Etats sont tombés sous la coupe des marchés financiers.  Les Etats ont perdu leur souveraineté monétaire, ils peuvent de plus être poursuivis par les multinationales au travers des tribunaux privés mis en place par les traités de libre échange. Enfin, une grande partie des medias est sous le contrôle  d'intérêts privés. Le néolibéralisme est devenu tout puissant, sans être contraint par une politique sociale, environnementale et de santé.                

Le troisième obstacle est la difficulté à penser que nous sommes dans un semblant de démocratie.  Les peuples n'ont  plus leur mot à dire face aux dogmes économiques. Rappelez vous, malgré le refus du Traité établissant une constitution pour l'Europe en 2005, la décision populaire a été contournée et le traité de Lisbonne a été imposé quelques années après. Les citoyens ont été sacrifiés pour sauver les banques suite à la crise financière de 2008. Maintenant, avec le second confinement, les fondements psychologiques sont touchés en profondeur en jouant sur la peur, la culpabilisation, la distanciation sociale, la dissolution des liens familiaux.

Il faut donc bien comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons. On a parlé d'une guerre contre un virus. Si on est vraiment en guerre, alors on se bat avec toutes les armes disponibles. Mais là, on ne se donne pas les moyens de se battre avec de bons outils.      On fait la promotion d'un traitement qui ne marche pas, on interdit un traitement potentiellement actif au motif de l'absence de preuve formelles étayées par des essais randomisés en double aveugle, on ne fait pas la promotion de la prévention au niveau individuel, on ne fait pas la distinction entre PCR positive forte et faible, on ne donne pas les moyens nécessaires à l'hôpital, et à la place, on instaure un second confinement généralisé.
Alors, sauf à parler d'aveuglement, une autre hypothèse est bien plus crédible : Nous sommes à la fin d'un cycle, nous vivons la fin d'un modèle de société. Le rapport Meadows de 1972 avait prévu un effondrement de nos sociétés entre 2020 et 2030 avec une augmentation de la mortalité à partir de 2020. Les raisons alors évoquées étaient le réchauffement global,  l'épuisement des ressources, le saccage catastrophique de l'environnement, la pollution,  la diminution des denrées alimentaires,  l'augmentation des inégalités, les guerres....

Mais ces prévisions n'ont pas été écoutées, on a mis en place un modèle  économique et financier qui par nature ne peut pas se réformer parce que son logiciel est « toujours plus ». Toujours plus de gain, toujours plus de profits, toujours plus d'inégalités aussi. Donc tout s'est déroulé comme prévu selon les prévisions de 1972 pour que le désastre se manifeste. Et même s'il y a désastre, il faut que le système perdure. Ce système là ne veut pas disparaitre. Malheureusement, en restant dans cette logique, de nouvelles crises apparaitront, et elles seront de plus en plus violentes. 

Il y a donc un modèle néolibéral qui se meurt mais qui résiste au changement, ce alors que nos sociétés traversent une nouvelle période de mutation dans l'histoire qui doit laisser place à un changement en profondeur et à l'émergence d'un nouveau modèle. 

Si on veut que l'ancien système perdure, il ne faut sutout pas parler de prévention primaire et se limiter à la prévention secondaire, le vaccin, ou plutot les vaccins. Et comme les soubresauts de l'ancien modèle à l'agonie vont être de plus en plus importants, avec des révoltes sociales, il faut contraindre la population par la peur pour maintenir le système. Dans cette optique, on peut craindre une évolution vers un modèle chinois avec préservation de la liberté économique, mais contrôle social et régression démocratique.

A l'inverse, si on veut faire une véritable prévention des maladies émergentes, c'est à dire une prévention primaire, il faut accompagner la mutation de société en cours avec un retour de la puissance publique, une transformation radicale du modèle économique et financier, le retour du droit internationnal, la suppression de l'actuelle gouvernance européenne pour définir de nouveaux fondements démocratiques, et un projet européen qui fasse sens. 

Les implications politiques de cette crise sanitaire (video du 23 novembre 2020)

On avait précédemment évoqué le rapport Meadows de 1972, dont les prévisions avaient été confirmées en 2008 par Graham Turner et en 2012 dans une réactualisation du rapport. Un pic critique était annoncé sur la décennie 2020 à 2030 avec un risque d’effondrement, tant au niveau économique qu’au niveau démographique avec dégradation des conditions de vie. La pollution, le réchauffement climatique, l’épuisement des ressources et notre modèle de croissance étaient désignées comme responsables de cet effondrement. A l’époque, le risque de pandémie virale n’était pas encore pris en compte. La crise sanitaire apparait donc comme un facteur aggravant supplémentaire.

En 2020, afin de modéliser ce qui pourrait survenir en conséquence de la crise sanitaire de la covid 19, différents scénarios ont été élaborés, en particulier par les instituts techniques agricoles, par la revue Futuribles ou d'autres encore. Ils concernent la situation mondiale, européenne et française

Il y a le scénario du déni, avec une fuite en avant du néolibéralisme et du consumérisme, avec ses répercussions croissantes en particulier au niveau de la destruction accrue des écosystèmes.

Il y a le scénario d’une gouvernance mondiale autoritaire, dans un monde digitalisé du fait du développement de l’intelligence artificielle avec instauration d’un contrôle social, et déshumanisation de nos sociétés. De nombreux conflits armés sont susceptibles d’émerger

Il y a le scénario d’une dépression profonde avec hausse du chomage et de la précarité, montée des mouvements sociaux, développement de l’insécurité, paupérisation des ménages et fragilisation des jeunes. Ce scénario serait particulièrement probable pour la France

Il y a le scénario d’une chute de la population mondiale, avec une mortalité directement liée au virus, aux répercussions de la pandémie et du confinement, aux autres pathologies non soignées, à l’explosion des troubles psychiques et des addictions, à la pauvreté, la malnutrition, et aux diverses répercussions sociales de la crise économique

Et pour ce qui concerne notre espace géographique, en cas d’incapacité à mettre en place des politiques de coopération, il y a le scénario d’une dislocation de l’Europe avec des tendances nationalistes ou le développement d’Etats policiers en Europe 

Parmi ces différents scénarios, il existe heureusement un scénario plus favorable de sortie de crise qui présente le moins de répercussions négatives. Ce scénario consiste en une transformation de notre système économique par une remise en cause de la globalisation économique, une démondialisation, une relocalisation des activités, une refonte du système économique, un assainissement du système financier, le développement d’une économie verte raisonnée. Ce scénario met donc en place une prévention primaire des pandémies.

Il se trouve donc qu’il y a une concordance de temps entre ce que prévoyait le rapport Meadows, et ce que nous risquons de vivre suite à la crise sanitaire de la Covid 19. Cette crise sanitaire s’est déroulée en deux temps. Il y a eu un premier temps quand on a décrété de façon arbitraire qu’il n’existait pas de traitement pour la Covid 19. Cette déclaration assise sur la publication frauduleuse du Lancet a eu pour conséquence d’avoir recours au confinement comme seul traitement. Ce confinement risque maintenant de nous faire entrer dans le second temps de la crise, à savoir dans une crise systémique profonde, voire dans une dépression profonde.

Il sera bien sûr intéressant d’analyser la gestion de la crise sanitaire, et de savoir quelles sont les motivations et autres conflits d’interet qui ont conduit à la publication d’une étude frauduleuse pour disqualifier un remède potentiellement efficace pour traiter une pandémie mondiale. Mais ce n’est pas ici le sujet, ce sera le travail des historiens. Ce qui nous intéresse ici, c’est ce que nous allons faire maintenant. Comment aborder au mieux cette période sur le plan politique ? C’est une question d’autant plus importante que le prochain quinquennat, de 2022 à 2027, s’inscrit en plein milieu de cette période critique qui s’étend de 2020 à 2030.

Une partie de la gauche et une partie de la droite, du parti socialiste à la droite modérée en passant par le centre, ont mené conjointement depuis le milieu des années 80 la même politique sociale libérale. Cette idéologie néo libérale a imprégné la construction de l’Europe de façon constante depuis un demi siècle, sans la moindre remise en question. Cette idéologie néo libérale est en grande parti responsable de la situation critique dans laquelle nous sommes depuis plusieurs années, tant sur le plan économique, financier avec les crises financières, environnemental, et maintenant sanitaire. On voit mal quelle légitimité pourrait avoir maintenant les différents partis qui ont soutenu une telle politique.

On pourrait alors penser que cette situation puisse profiter aux extrêmes. On pourrait imaginer que cela porte au pouvoir l’extrême gauche ou l’extrême droite. Des mouvements écologiques pourraient aussi monter en puissance, bien qu’ils soient divisés en différents courants. Mais l’état du pays est marqué par une perte de confiance majeure envers les politiques, et il ne semble pas exister une figure politique susceptible de fédérer au-delà des clivages. Nous sommes dans une période de crise majeure, et dans un contexte de défiance entre la population et les politiques, défiance encore amplifié par la mauvaise anticipation et la mauvaise gestion de la crise sanitaire. Il est nécessaire de ressouder la confiance entre le peuple et l’ensemble de la classe politique. Il s’agit de favoriser une démarche coopérative afin d’atteindre des objectifs de reconstruction qui devraient être communs à l’ensemble des partis. Pour ce faire, il faut au moins deux conditions :

La première condition consiste à sortir des anciens clivages, clivage gauche droite, clivage du Social libéralisme contre les extremes. Il faut sortir d’un système de conflit entre les opposés pour opérer ce que la psychologie sociale appelle une recatégorisation. Cela signifie de dépasser les anciens clivages pour créer une nouvelle catégorisation qui englobe les opposés. Il s’agit donc de créer un Nouveau paradigme fondé sur le dialogue entre les opposés, la complémentarité des opposés, et la conjonction des opposés, en l’occurrence : 

- conjonction entre l’économique et le social, 

- conjonction entre la puissance étatique et le développement de l’innovation et de la recherche,

- conjonction entre science et conscience

La seconde condition nécessite une chasse à la corruption et aux conflits d’intérets, qu'ils soient d'ordre financier ou de type école de pensée, pour promouvoir l’éthique et le respect du droit. Cette chasse à la corruption et aux conflits d’intérets concerne en particulier la médecine, les médias, la politique, la finance, et l’économie.

Donc, pour revenir à la question de savoir comment nous allons anticiper cette période de crise voire de dépression économique, il y a deux options bien différentes :

Si on conserve notre système politique actuel, la cinquième république, cela maintiendra un système vertical, une division politique, une défiance, une fracture sociale. Et si on reste structuré sur la pensée unique qui est à l’œuvre dans les politiques françaises et européennes depuis le milieu des années 80, et qui stigmatise toute pensée divergente, alors les conditions sont réunies pour nous conduire vers les scénarios pessimistes,

Mais si on vise le scénario le plus favorable de sortie de crise, cela nécessite de transformer notre modèle démocratique dans le cadre d’une approche écologique globale. C’est ce qui va être détaillé maintenant avec les trois aspects d’une approche écologique globale, en référence au livre de Félix Guattari, les trois écologies.

Le premier aspect de cette approche écologique globale, c’est donc une écologie du pouvoir avec un changement de constitution, la cinquième république n’étant plus adaptée à la situation actuelle. Cette écologie du pouvoir pourrait être basée sur le principe de la conjonction des opposés, et sur la représentation de la société civile au sein des institutions. C’est sur ces bases qu’est proposé un modèle dénommé la double démocratie.  D’autres modèles pourraient être envisagés sur les mêmes principes.

Au niveau international, cela passe par un assainissement du système financier, une coordination des politiques économiques et monétaires, une coopération dans un monde polycentrique. Cela passe également par la nécessité de promouvoir l’éthique et le droit, et en particulier le droit international en opposition à la volonté de puissance et de prédation

Le second aspect de cette approche écologique globale se situe au niveau de la préservation de l’environnement, le développement d’une alimentation saine et des activités non polluantes dans une économie décarbonée, et avec une décroissance des activités polluantes.

Le troisième aspect de cette approche écologique globale touche à l’écologie de l’esprit. Suite aux travaux de Maslow, on connait bien les différents types de besoins de l’être humain : besoin de sécurité et de protection, besoin de liberté, besoin d’affection et de partage, besoin d’exprimer sa créativité. Il y a enfin les besoins existentiels qu'on peut décrire sous différents aspects : 

- la quête de sens, le développement d’une éthique de vie, et le rapport à la finitude de la vie

- la capacité à trouver un équilibre entre la quête de stimulus vers l’extérieur, et la capacité à nourrir son intériorité, à développer conscience de soi, maitrise de soi, à développer des qualités de l’esprit

- la reliance à la beauté à travers la nature ou les arts, ou encore la reliance au sacré.

Le modèle occidental, basé sur l'individualisme, le mythe du progrès voire le fantasme de toute puissance, et l'addiction à la consommation, occulte totalement cette dimension existentielle. Le but de l'existence peut alors se résumer à toujours plus de plaisir, à un désir d'accumulation (toujours plus de biens et de richesse), à un désir de pouvoir (quête de renommée pour les individus, ou volonté impérialiste pour des Etats), quitte à s'affranchir des lois de la nature et de toute instance de régulation. Le modèle occidental tente même d'éliminer la dimension existentielle par une quête scientifique de l'immortalité au travers des supposés progrès à venir de la génétique et de l'intelligence artificielle.

Ce troisième aspect de l’approche écologique globale, l’écologie de l’esprit, est une antidote au logiciel du néo libéralisme, à savoir le « toujours plus ». Cela passe en particulier par une politique de promotion de la santé et des compétences psycho sociales.



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