L'Europe et la Russie
Depuis
2022, on diabolise la Russie.
Selon
le discours officiel, la guerre contre l'Ukraine est qualifiée de
guerre non provoquée. On considère qu'il est impossible de discuter
avec Poutine qui est même assimilé à Hitler.
On
prétend que la Russie veut attaquer l'Europe, mais elle n'a pas
franchi le Dniepr au bout de trois années de guerre.
Le
président de la Lettonie a même affirmé en 2024 : « La Russie
doit être détruite ».
Dans
ce contexte, il est nécessaire de revenir sur les relations
historiques entre la Russie et l'Europe, puis entre la Russie et
l'Union européenne.
Comment
l'Union européenne (UE) a-t-elle traité la Russie depuis la chute
de l'URSS ?
Quelle
est l'origine du conflit en Ukraine ?
Le
récit médiatique est-il honnête et fiable, ou bien sommes-nous
face à une propagande à l'image de celle qui a tenté de légitimer
l'invasion de l'Irak en 2003 avec les soi-disantes armes de
destruction massive ?
De la domination tatare à la révolution
soviétique
La
Russie n'a pas connu la Renaissance, la domination tatare a coupé la
Russie de l'Europe pendant 250 ans, engendrant un retard sur le plan
économique et social.
Il
n'y a pas de liens diplomatiques entre l'Europe et la Russie avant le
début du 17ème siècle. Les russes sont alors considérés comme
des barbares, dirigés par un régime tyrannique. La Russie s'ouvrira
vers l'Europe avec Pierre le Grand. Elle deviendra une puissance
européenne à part entière après la défaite de Napoléon en 1814.
L'Europe se rapproche de la Russie après l'abolition du servage en
1861.
L'Europe
découvre la culture russe, en particulier par l'intermédiaire de
Tourgueniev puis de Diaghilev.
La
Russie est reconnue comme une puissance européenne. Elle combattra
avec la France et l'Empire britannique lors de la première guerre
mondiale.
La
révolution bolchévique va réactiver l'installation d'un pouvoir
tyrannique. La collectivisation des terres provoque une grande
famine, en particulier en Ukraine (l'Holodomor). Le régime stalinien
a fait entre 15 et 20 millions de morts.
La guerre froide -
De 1945 à 1991
L'URSS
jouera un rôle majeur dans la libération de l'Europe, conjointement
avec les Etats-Unis. Mais alors que la seconde guerre mondiale n'est
pas encore terminée, les Britanniques et les Etats-Unis envisagent
l'opération impensable, une attaque surprise contre l'URSS pour le
1er juillet 1945.
https://www.nationalarchives.gov.uk/education/resources/cold-war-on-file/operation-unthinkable
En
1947 débute la guerre froide, avec en particulier la guerre de Corée
et la construction du mur de Berlin.
Nikita
Khrouchtchev souhaitait un dégel des relations avec les Etats-Unis.
En 1954, il propose un plan de sécurité en Europe, mais les
occidentaux ne répondent pas favorablement. En 1960, l'incident de
l'avion espion américain met fin aux espoirs de dégel et de paix.
La
guerre froide atteint son point culminant en 1962. En réponse au
déploiement en novembre 1961 par les États-Unis de 15 missiles
Jupiter en Turquie et 30 autres en Italie, lesquels sont capables
d'atteindre le territoire soviétique, l'URSS tente d'installer des
missiles à Cuba en 1962. Le monde est au bord d'une confrontation
nucléaire.
Khrouchtchev
annoncera ensuite le démantèlement des missiles installés à Cuba
en contrepartie du démantèlement de tous les missiles Jupiter en
Turquie et en Italie.
La
Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (1973)
apporte un espoir de paix. L'Acte final d'Helsinki est signé en
1975. Cet accord prévoit :
- de
développer la coopération entre les Etats
- de
faire progresser la compréhension et la confiance mutuelles
- le
règlement pacifique des différends
- la
non intervention dans les affaires intérieures
- le
non recours à la menace ou à l'emploi de la force
-
l'inviolabilité des frontières
Entre
1972 et 1974, les Etats-Unis et l'URSS signent le traité ABM pour
une limitation des armes stratégiques.
Suite
à l'installation de missiles soviétiques en Europe de l'Est, la
guerre froide est relanceé avec la crise des euromissiles en 1979.
La même année, l'URSS envahit l'Afghanistan.
L'arrivée
au pouvoir de Gorbatchev marque un dégel des relations et un
rapprochement entre l'Est et l'Ouest.
Le
discours de Gorbatchev du 7 décembre 1988 à l'ONU marque la fin de
la guerre froide.
Lors
du sommet de Malte le 4 décembre 1989, George Bush et Mikhail
Gorbatchev laissent espérer la fin de la division de l'Europe et la
volonté d'assurer la paix sur le continent européen.
En
1990, le sommet de Paris adopte la « Charte pour une nouvelle Europe
» qui est censée consacrer la fin de la guerre froide.
La Russie souhaite se rapprocher de l'Union
européenne
De 1991 à 1999
Après
la chute de l'URSS en 1991, Boris Eltsine déclare, en 1994,
l'intention de la Russie d'intégrer le Conseil de l'Europe, le G7,
l'OTAN, et à terme, l'Union européenne.
La
Russie et l'Union européenne dialoguent au sein du conseil de
coopération Nord-Atlantique et Russie créé en 1991, du partenariat
pour la paix créé en 1994, puis du Conseil conjoint permanent créé
par l'acte fondateur OTAN-Russie en 1997. Mais en réalité, les
Etats-Unis ne veulent pas intégrer la Russie dans une alliance
commune.
La
doctrine Wolfowitz de 1992 vise à réaffirmer la puissance des
Etats-Unis, quitte à mener des actions militaires préventives dans
un monde qui doit rester unipolaire. On retrouve le même discours
dans le livre de Brzezinski (Le grand échiquier) qui est publié en
1997. Pour maintenir leur hégémonie, les Etats-Unis doivent
empêcher tout rapprochement entre la Russie et l'Europe. Il faut
pour cela arracher l'Ukraine à la Russie et la faire basculer du
côté occidental.
La
Charte de partenariat spécifique entre l'OTAN et l'Ukraine est
signée en 1997.
Entre
1997 et 1999, l'UE et la Russie sont sur la voie de la
réconciliation. L'accord de partenariat et de coopération entre la
Russie et l'UE de 1994 est censé mettre en place les conditions de
la création à terme d'une zone de libre-échange. Mais l'Union
européenne tente d'imposer ses règles et ses normes à une Russie
affaiblie, pour la convertir au modèle européen.
La
Russie souhaite se rapprocher de l'UE sur le plan économique et
diplomatique. Mais elle souhaite aussi garder son identité, ses
valeurs, ses racines, sa culture.
Le mépris envers la Russie
- De 1999 à 2007
En
1999, les Etats-Unis et des pays membres de l'OTAN bombardent la
Serbie. Cette guerre illégale, sans mandat des Nations-Unis, avec
violation du droit international, marque une rupture dans les
relations avec la Russie. La même année, les Etats-Unis violent la
promesse (une promesse orale confirmée par de très nombreuses
personnalités) faite à Gorbatchev en 1990 de non extension de
l'OTAN. La République Tchèque, la Pologne, et la Hongrie entrent
dans l'OTAN.
En
2002, les Etats-Unis se retirent du traité ABM de 1972.
Le
plan d'action OTAN Ukraine est signé en 2002.
En
2003, les Accords de Berlin Plus formalisent les relations entre
l'OTAN et l'Union européenne.
En
2003, une guerre illégale est menée contre l'Irak, une guerre basée
sur une propagande mensongère. L'Allemagne, la France et la Russie
se trouvent alignées sur la même position contre les Etats-Unis.
En
2004, l'OTAN poursuit son extension en intégrant l'Estonie, la
Lettonie, la Lituanie, la Slovénie, la Slovaquie, la Bulgarie et la
Roumanie. Ceci est perçu par la Russie comme une nouvelle
provocation.
https://www.monde-diplomatique.fr/2022/04/A/64554
En
2006, les Etats-Unis rejettent la proposition d'une Ukraine neutre et
démilitarisée.
En
2007, dans son discours à Munich, Vladimir Poutine dénonce
l'atteinte à la sécurité de la Russie du fait des élargissements
de l'OTAN, et appelle à un renforcement de la multipolarité dans le
monde.
En
2007, le cadre institutionnel des relations entre la Russie et l'UE
est bloqué par la Pologne, la Suède et les 3 pays baltes. Ces pays
ont tous un contentieux historique. Ils assimilent la nouvelle Russie
à l'ancien système soviétique. Ils ne peuvent pas envisager un
processus de réconciliation, à l'image de celle entre l'Allemagne
et la France.
Les
Etats-Unis ont donc violé la promesse faite à Gorbatchev. Ils ont
poursuivi leur stratégie d'extension de l'OTAN, et n'ont jamais
voulu écouter la Russie qui considérait un élargissement de l'OTAN
à l'Ukraine comme une menace existentielle.
Cependant,
en 2008, une dizaine de pays de l'OTAN s'opposent à l'adhésion à
l'OTAN de la Géorgie et de l'Ukraine (un pays qui ne respecte pas
les critères démocratiques et qui est touché par une très grande
corruption). Ce sera le dernier acte de résistance de l'Union
européenne face aux Etats-Unis.
La reprise de la guerre froide et le déclin des
relations - De 2008 à 2013
Soutenue
par des conseillers américains (et l'aide de la Tchéquie et de
l'Ukraine), la Géorgie déclenche, pour la seconde fois depuis 1991,
une opération militaire de grande envergure en août 2008 contre
l'Ossétie du Sud. Les forces russes ripostent de façon
disproportionnée et s'arrêtent aux portes de la capitale de la
Géorgie. Le président du Conseil européen, Nicolas Sarkozy, se
rend en Russie et en Géorgie pour une médiation, grâce à laquelle
un accord de cessez-le-feu est négocié après cinq jours de
conflit. Puis de façon unilatérale, Moscou reconnaît
l'indépendance de l'Ossétie du sud.
Le
rapport Tagliavini rend la Géorgie responsable du déclenchement de
la guerre, sans pour autant blanchir la Russie. Mais surtout, le
rapport déplore que rien n'a été fait en amont pour que cette
guerre soit évitée.
La
communauté internationale (dont l'UE) n'a pas cherché à
reconnaître les véritables préoccupations de chaque partie au
conflit. Elle n'a pas cherché à établir une confiance mutuelle, à
favoriser une réconciliation, en accordant par exemple un large
degré d'autonomie à l'Ossétie du Sud (où l'ossète et le russe
sont les deux langues principales) dans une Géorgie fédérale.
En
2009, alors que les relations entre l'UE et la Russie sont gelées,
l'UE développe le Partenariat oriental. Ce projet est initialement
soutenu par la Pologne, la Suède et la République Tchèque, des
pays qui ont un contentieux historique avec la Russie d'avant l'URSS
ou avec l'URSS. Ce partenariat consiste en un soutien à six pays :
l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie (jusqu'en 2021), la
Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine.
Ainsi,
entre 2007 et 2009, l'UE tourne le dos à la Russie pour s'orienter
vers les proches voisins de la Russie.
La
Russie se tourne vers la Chine pour développer la multipolarité,
les BRICS sont créés en 2009 (Brésil, Chine, Inde et Russie, sans
l'Afrique du Sud au début).
En
2010, ce sera la dernière proposition de Poutine envers l'UE pour
une communauté économique de Lisbonne à Vladivostok. La même
année, la nouvelle doctrine russe de défense place l'OTAN en tête
de liste des menaces extérieures.
En
2011, un rapport du Sénat français préconise un partenariat
stratégique entre l'UE et la Russie.
En
février 2013, dans la perspective d'une adhésion de l'Ukraine à
l'Union européenne, la Commission européenne s'oppose à ce que
l'Ukraine commerce dans un dialogue tripartite avec la Russie et
l'Europe. Au lieu de faire de l'Ukraine un pont entre l'UE et la
Russie, le président de la Commission européenne Manuel Barroso n'a
cessé de répéter que l'Ukraine devait choisir entre l'UE et la
Russie.
Les
facteurs clés du déclin des relations :
- Ne
pas avoir intégré la Russie dans un espace de sécurité commune
entre 1991 et 1999
- La
guerre illégale contre la Serbie en 1999
-
Elargir l'OTAN sans avoir intégré la Russie
- Le
refus d'une Ukraine neutre démilitarisée en 2006
- Le
blocage des relations de l'UE avec la Russie en 2007 au profit du
Partenariat oriental
-
L'ingérence américaine dans le Caucase et la guerre de 2008 en
Géorgie
-
Obliger l'Ukraine à choisir entre l'UE et la Russie
- Ne
pas tenir compte des valeurs et besoins de la Russie
L'utilisation
de l'Ukraine par les Etats-Unis pour affaiblir la Russie
De 2014 à 2025
En
2014, le coup d'état de Maidan orchestré par la CIA chasse du
pouvoir le président élu de l'Ukraine. En réaction, la Russie
annexe la Crimée. Une guerre civile débute dans la partie orientale
de l'Ukraine :
- le
Donbass réclame un statut spécial au sein de l'Ukraine et le
respect de la langue russe,
- il
s'oppose au côté occidental de l'Ukraine où l'on trouve encore
quelques factions ultra nationalistes d'extrême-droite (des
ukrainiens avaient même rejoint les forces nazis dans la division
Waffen-SS Galicie durant la seconde guerre mondiale).
Les
liens entre la CIA et l'Ukraine sont anciens. La CIA a soutenu et
financé dès 1948 des organisations ukrainiennes ultranationalistes,
dont certaines avaient un passé nazi. Le but était de soutenir la
résistance anti-soviétique. Cette opération avait pour nom
Aerodynamic.
En
2019, un document de la RAND Corporation (« Extending Russia »)
expose comment déstabiliser la Russie : fournir des armes létales à
l'Ukraine, promouvoir un changement de régime en Biélorussie,
réduire l'influence russe en Asie centrale, exploiter les tensions
dans le sud Caucase, persuader la Moldavie de s'aligner sur
l'Occident.
Le
24 février 2022, la Russie a envahi l'Ukraine pour protéger les
populations russophones du Donbass.
Comme
lors de la guerre en Géorgie de 2008, il se trouve que la présidence
de l'UE est assurée par la France. Mais cette fois-ci, il n'y aura
pas de médiation de la part de la France alors même que Poutine
avait déclaré le 25 février qu'il était prêt à reprendre le
processus de négociation. Le 27 février, l'UE s'engage à fournir
des armements à l'Ukraine pour 450 millions.
Le
15 avril 2022, un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine est sur
le point d'être signé en Turquie, pays qui assure la médiation
(alors que l'UE aurait dû tenir ce rôle). Les occidentaux (en
particulier le Royaume-Uni) font pression pour que l'Ukraine ne signe
pas et continue la guerre contre la Russie.
Le
26 septembre 2022 a lieu le sabotage du gazoduc Nord Stream qui
approvisionne l'Europe en gaz russe bon marché. Le lien énergétique
entre la Russie et l'Europe est coupé, ce qui représente la
réalisation d'un des objectifs du plan développé par Brzezinski.
Le
7 décembre 2022, l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel
reconnaît que les accords de Minsk signés en 2014 et 2015 ont
permis à l'Ukraine de gagner du temps pour se réarmer contre la
Russie.
Le
5 juin 2023, le New York Times rapporte que des symboles nazis sont
toujours présents sur la ligne de front.
Le
Monde en parle dans un article du 18 juin 2025.
Le
27 février 2024, le New York Times révèle que la CIA avait financé
12 bases à proximité de la frontière russe peu après 2014.
Selon
le discours officiel, il s'agit d'une guerre non provoquée qui a
débuté le 24 février 2022. En réalité, il s'agit d'une guerre
provoquée (pour ensuite présenter la Russie comme la seule partie
agressive) qui a débuté :
- en
2014 avec le coup d'état de Maidan orchestré par la CIA ?
- en
1999 avec le premier élargissement de l'OTAN ?
- en
1997 avec la doctrine Brzezinski, la Charte de partenariat spécifique
entre l'OTAN et l'Ukraine ?
- en
1992 avec la doctrine Wolfowitz ?
Ce
débat n'a jamais eu lieu.
La russophobie comme nouvelle finalité de
l'Union européenne
Le
31 janvier 2023, le Parlement européen accueille le Forum des
Nations libres post-Russie dont le but est le démembrement de la
Russie.
Depuis
décembre 2024, une commissaire estonienne dirige la diplomatie de
l'UE et un commissaire lituanien dirige la défense. Ainsi, au lieu
d'envisager de discuter, de négocier, de prendre en compte les
intérêts vitaux de chaque partie, deux gouvernements russophobes,
qui représentent environ 4 millions d'habitants, dirigent la
politique étrangère et de défense de l'UE. De 1991 à 2024, l'UE
n'a pas été capable de considérer la Russie comme un véritable
partenaire, pour construire un espace de sécurité commune et faire
face à des menaces communes comme par exemple l'intégrisme
islamique.
Ainsi,
à part la Hongrie et la Slovaquie, l'UE orchestre une propagande
russophobe (une autre propagande mensongère avait justifié la
guerre en Irak en 2003). Elle rompt tout dialogue diplomatique avec
la Russie. Sur la même position belliciste que le Royaume-Uni,
l'Allemagne est sur la voie d'une militarisation.
Avec
cette russophobie, l'Union européenne a perdu ses objectifs :
pacifier le continent, assurer sa sécurité, sa prospérité et sa
souveraineté dans un partenariat équilibré tant avec les
Etats-Unis qu'avec la Russie, mais aussi avec la Chine, l'Inde...
Les
décisions prises par l'Union européenne depuis la chute de l'URSS
ont été prises dans l'opacité et sont foncièrement nocives pour
les peuples européens qui sont par ailleurs opposés à une guerre
contre la Russie.
Face
à cette opposition des peuples, l'UE évolue de façon autoritaire
vers une fédéralisation. Dans son discours du 10 septembre 2025, la
présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen appelle
à se libérer du carcan de l'unanimité dans le domaine de la
politique étrangère.
Soit
la gouvernance européenne est totalement irresponsable et souhaite
une confrontation militaire directe avec la Russie, et donc une
guerre nucléaire.
Soit
la propagande russophobe est destinée à générer un climat de peur
de manière à faire accepter :
-
une fuite en avant vers la fédéralisation de l'UE alors que le
bilan économique de l'UE est catastrophique,
- et
l'augmentation des dépenses militaires alors que le bilan
diplomatique de l'UE est catastrophique.
Dans
tous les cas, c'est une attaque contre les peuples.
Les racines d'une tragédie
La
France et les Pays-Bas ont voté non au referendum de 2005 sur le
traité établissant une constitution pour l'Europe (TCE). Mais le
traité de Lisbonne a été imposé aux peuples en 2009 alors qu'il
n'était qu'une copie du TCE. C'est une disparition de la démocratie
et une perte totale de crédibilité envers l'UE.
L'UE
a abdiqué sa souveraineté, elle n'est qu'un vassal des Etats-Unis.
A l'encontre du conflit de 2008 en Géorgie où l'UE a pesé de tout
son poids pour obtenir un arrêt des combats, le refus de parler à
Poutine depuis 2022 est une erreur diplomatique majeure.
On
s'achemine vers une destruction de notre modèle social pour financer
la militarisation de l'UE. On se dirige à terme vers un effondrement
économique de l'UE. En conséquence des politiques européennes
irresponsables, de multiples crises vont se produire et on peut
s'attendre à des mouvements sociaux, voire même à des émeutes.
Dans ce cas, comme le traité de Lisbonne a intégré la Charte des
droits fondamentaux de l'UE, cette dernière précise, dans le
chapitre I article 2, que la mort peut être infligée pour réprimer
une insurrection ou une émeute.
Les
Etats-Unis veulent maintenir leur hégémonie. Ils se considèrent,
selon les propos de Madeleine Albright en 1998, comme « la nation
indispensable », ils multiplient leur ingérence en Europe pour
couper l'UE de la Russie, voire aussi de la Chine. Ils manipulent
l'Ukraine, la Géorgie, la Moldavie pour créer des tensions aux
frontières de la Russie et orienter ces pays vers l'OTAN et vers
l'UE.
De
plus, ils profitent de façon particulièrement cynique de la guerre
en Ukraine en forçant l'UE à acheter des armes et du gaz américain.
Les
BRICS tentent de construire un nouveau monde fondé sur la
multipolarité. En 2025, ils représentent environ 50 % de la
population mondiale et 45 % du PIB mondial. Mais l'UE a choisi de
rester dans l'ancien monde et de se soumettre aux Etats-Unis au lieu
de contribuer à l'élaboration d'un monde multipolaire. De plus,
étant donné les intérêts divergents des différents gouvernements
de l'UE, une politique étrangère commune est impossible. L'UE ne
fait plus sens et devient un danger pour ses peuples.
La
guerre en Ukraine est une tragédie humaine, une catastrophe
économique pour l'Union européenne, et comme toute guerre, une
catastrophe écologique. Cette guerre n'aurait pas éclaté dans une
Europe souveraine et démocratique, avec des dirigeants compétents
et responsables, des medias honnêtes et fiables, des débats
démocratiques dans tous les pays, et une politique étrangère
guidée par l'esprit des accords d'Helsinki et de la Charte de Paris.
Ce
qui est dit dans le rapport Tagliavini pour la Géorgie en 2008
concerne tout autant le conflit en Ukraine :
«
La communauté internationale ainsi que l'ensemble des autres acteurs
régionaux et non régionaux impliqués dans le conflit doivent
continuer à tout mettre en œuvre pour amener les parties à la
table des négociations et à les aider à prendre des dispositions
respectant la Charte des Nations unies, l'Acte final d'Helsinki de
l'OSCE et les textes pertinents du Conseil de l'Europe pour régler
leurs différends et prévenir de nouvelles hostilités. Le succès
de telles négociations pourrait aussi fortement contribuer à une
amélioration des relations entre les puissances occidentales et la
Russie ».